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Fin de vie : pourquoi j’ai voté contre

  • 25 Fév 2026
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Cet après-midi, j’ai voté contre la proposition de loi autorisant l’euthanasie.

Je veux d’abord dire que ce débat est légitime. Il touche à l’intime, à la dignité, à la souffrance, à la peur de la fin de vie. La loi Claeys-Leonetti ne règle pas toutes les situations, et personne ne peut nier qu’il existe des cas humains bouleversants.

Mais précisément parce qu’il s’agit d’un sujet aussi grave, nous ne pouvons pas franchir à la légère des seuils irréversibles.

La première urgence reste l’accès effectif aux soins palliatifs et à une prise en charge de la douleur digne partout sur le territoire. Aujourd’hui, cet accès demeure inégal selon les régions et les moyens. Tant que chacun ne peut pas être accompagné correctement, parler d’un « choix libre » est une illusion. C’est pourquoi j’ai voté pour la proposition de loi relative aux soins palliatifs et d’accompagnement.

Or le texte adopté aujourd’hui demeure trop permissif. Ces derniers jours, plusieurs garde-fous ont été fragilisés ou supprimés : création d’un délit d’entrave assorti de sanctions pénales ; un processus qui n’est pas réellement collégial sur le plan médical ; l’absence d’exclusion par principe des majeurs protégés.

Dans une société où beaucoup de personnes âgées, malades ou handicapées se sentent déjà comme un poids, la légalisation d’un geste létal peut renforcer ce sentiment d’inutilité sociale. Le « choix » risque alors de devenir une pression silencieuse. La situation sociale ne peut jamais devenir un vecteur de mort.

La Convention citoyenne sur la fin de vie avait posé une condition claire : développer réellement les soins palliatifs sur tout le territoire avant d’ouvrir la voie à une aide active à mourir. Nous n’y sommes pas. Sur un sujet aussi grave, une courte majorité ne devrait pas imposer seule une transformation aussi profonde de notre droit et de notre rapport au soin.

Je continuerai à me battre pour que chaque Français puisse être soulagé, accompagné et entouré jusqu’au bout de sa vie. C’est ici la voix d’un médecin, d’un député, mais aussi d’un homme qui assume ses convictions profondes.

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